Guérie pendant le Rosaire
Jeanne Frétel : un miracle eucharistique



Jeanne Frétel, doyenne des miraculés, personnalité affirmée et bien connue à Lourdes, débordante de vie jusqu’à un âge avancé, est morte le 1er avril 2005, à 94 ans, en pleine Année eucharistique.


Jeanne Frétel, dans sa jeunesse, et plus récemment, à Lourdes : miraculée, elle témoignait volontiers des merveilles de Dieu dans sa vie, toujours avec humour et simplicité.

La guérison de Jeanne Frétel fut vraiment eucharistique, comme le souligne clairement la lettre du Père dominicain qui assista en direct à sa guérison :
« Je soussigné Père Roques, dominicain, certifie ce qui suit :
Le matin du 8 octobre 1948, à la messe de 7h30 célébrée pour les malades du Pèlerinage du Rosaire devant l’autel de sainte Bernadette sur l’Esplanade.
Au moment de la communion, un brancardier me demande de prendre un couloir entre les brancards, j’arrive devant un tringlot où reposait Jeanne Frétel. J’aperçois du sang noir qui coulait de son nez et de sa bouche. Les yeux étaient baissés. Je demande à la malade si elle veut communier. Aucune réponse. J’insiste. Toujours le silence. J’hésite à la faire communier. Je crains, si elle vomit l’hostie, de la ramasser et de me communier moi-même. Un brancardier insiste pour la communier. Il ouvre sa bouche avec le dos d’une cuillère prise dans une caissette contenant les ustensiles pour le petit-déjeuner des malades. Je dépose sur sa langue un petit bout d’hostie. Je referme moi-même sa bouche.
Instantanément (j’insiste), elle a ouvert les yeux et m’a dit : « Où je suis ? ». Je lui ai répondu : à Lourdes. Ce fut tout, et continuai de donner l’Eucharistie aux autres malades.
Arrive le moment du petit déjeuner. La petite serveuse donne à Jeanne un grand bol de café au lait. Jeanne ne mangeait plus depuis six mois et vomissait tous les liquides, même l’eau. Elle a pris le petit déjeuner complet et n’a rien vomi.
Je la rencontre de nouveau. Elle me demande d’aller à la Grotte. Je lui dis que bientôt elle y serait.
 »

Les premiers signes de la guérison

Née le 25 mai 1914 à Rennes (France), Jeanne Frétel, qui fut toujours de santé précaire, a été opérée en janvier 1938 de l’appendicite, et cette intervention fut le début de troubles abdominaux qui allèrent en empirant, malgré des soins divers, jusqu’en mars 1940, date à laquelle une péritonite tuberculeuse a été diagnostiquée.
Pendant plusieurs années, cette jeune femme a passé sa vie dans différents hôpitaux et sanatoriums, sans amélioration. A partir de 1946 son état général, déjà critique, décline encore. Elle est amaigrie, ne pouvant quitter son lit, sous morphine, sa température oscillant entre 36,5 et 39,5. Un traitement prolongé de streptomycine ne fait que calmer les douleurs. Elle ne peut plus prendre que de très petites quantités de liquide, et des signes méningitiques apparaissent. Le cœur faiblit de plus en plus ; tout espoir semble perdu.
C’est dans cet état désespéré que Jeanne Frétel part pour Lourdes avec le pèlerinage du Rosaire, le 4 octobre 1948, sans même s’en rendre compte ! Après deux jours pénibles, le 8 octobre, à la messe des malades, on la communie donc uniquement avec une petite parcelle d’hostie. La malade a alors « la sensation qu’une personne la prend sous les bras pour l’aider à s’asseoir. Elle se trouve assise » et se sent tout de suite mieux. Conduite à la Grotte, elle ressent les premiers signes de la guérison, constate que son ventre, jusque-là ballonné, est redevenu normal ; elle peut se lever, marcher ; la fièvre et les douleurs ont disparu ; un appétit féroce est retrouvé, sans plus aucun vomissement.
Le lendemain, elle est examinée par 5 médecins au Bureau des Constatations. Le périmètre abdominal, qui était de 1m avant la guérison, est maintenant de 0,78m et son poids de 44kg.
Dès le lendemain de son retour à Rennes, elle reprend un service très pénible d’infirmière, pleine de vivacité, reprenant 1,350 kg à 1,500 kg par jour. Il n’y a aucun stade intermédiaire entre la maladie grave, parvenue à son dernier degré d’évolution et le retour à une parfaite santé.


  Jeanne était une fidèle du pèlerinage du Rosaire à Lourdes. (On la voit ici en compagnie du Père Philippe Jeannin, figure historique de ce rassemblement annuel de prière organisé par les Dominicains de France).

Un fait scientifiquement inexplicable

Un second examen, pratiqué à Lourdes le 5 octobre 1949, signale que le périmètre abdominal est de 0,73m et le poids de 58,400 kg. Il confirme que : « La maladie a été brusquement arrêtée dans son évolution, alors qu’il n’y avait pas tendance vers le mieux. Tous les symptômes morbides ont disparu. Il y a guérison, sans emploi de médicaments. La streptomycine prescrite pendant six semaines et sans résultat, a été cessée quatre mois avant la guérison. Aucune explication médicale de cette guérison n’est susceptible d’être donnée. Elle échappe aux lois naturelles ». Suit la signature des médecins, au nombre d’une vingtaine.
Il n’est donc pas surprenant que la Commission Médicale Nationale à Paris, dans sa séance du 12 mars 1950, ait conclu : « L’histoire de la maladie impressionnante, l’importance du dossier, qui comprend 30 feuilles de température (18 avant la guérison, 12 après), la qualité des médecins qui ont examiné la malade, les détails méticuleux de l’observation, qui sont quotidiens pour la période d’avril à octobre 1948, la reprise de poids (14 kg en un an), doivent retenir longuement l’attention, et ont permis de conclure à une guérison inexplicable ».
Le cardinal Roques, archevêque de Rennes, la reconnaît comme 52ème miraculée de Lourdes le 20 octobre 1950 sur la conclusion de la Commission diocésaine : « Le cas de Mlle Fretel se situe dans la série des faits extraordinaires, scientifiquement inexplicables, en présence desquels on ne peut que répéter : le doigt de Dieu est là ».
Jusqu’à très récemment, Jeanne Frétel est venue chaque année à Lourdes remercier pour ce que les témoins ont appelé une résurrection…

Docteur Patrick THEILLIER,
responsable du Bureau Médical des Sanctuaires Notre-Dame de Lourdes.