« Elle a été une adolescente comme moi avant d’être sainte. Sa bonne humeur, son côté taquin et sa simplicité nous parlent encore aujourd’hui, aux jeunes comme aux moins jeunes. », nous dit cette « Bernadette d’aujourd’hui ».
Sophie Matéos a 17 ans. L’âge où, rêvant sa vie sur des airs légers, l’on récite du Rimbaud en secret. La Providence l’a choisie, elle plutôt que sa soeur initialement prévue, pour être Bernadette. Une révélation. Mais au-delà de la simple volonté de bien faire les choses, du talent qui pointe sous la cornette, c’est la beauté d’une âme qui se révèle, celle d’une jeune fille en parfaite communion avec son modèle et dont le regard, plein d’une infinie douceur, fait toucher terre au ciel.
"J’ai vraiment ressenti à ce moment-là que Bernadette était à mes côtés."
Vous n’aviez jamais joué la comédie auparavant ?
Non. Et, très sincèrement, je ne me voyais pas le faire. Ma mère travaille aux Sanctuaires et avait déjà accepté de participer à la confection des costumes nécessaires au film. Par ailleurs, Catherine Albrech, la scénariste-metteur en scène, connaissait ma soeur et son goût pour le théâtre. Elle s’est donc naturellement tournée vers elle. Ce n’est que quand celle-ci a décliné son offre qu’elle a pensé à moi. J’ai été surprise et, de nature plutôt réservée, j’ai d’abord refusé net. Puis, en y réfléchissant, j’ai imaginé la belle expérience que cela pourrait représenter pour moi qui m’intéresse à la vidéo. J’avais envie de découvrir ce milieu, même à petite échelle. J’ai donc accepté la proposition et je n’ai pas été déçue, malgré l’appréhension des premiers jours ou la charge sans cesse grandissante de travail au fil du tournage. Ce fut particulièrement enrichissant.
Comment êtes-vous devenue Bernadette ?
Très naturellement, en fait. J’ai agi de façon instinctive, sans forcément suivre les indications qui m’étaient données et voulant privilégier l’authenticité. J’ai pris très vite confiance en moi, grâce entre autres à l’excellente ambiance qui régnait dans l’équipe, et c’est ainsi que je suis peu à peu rentrée dans le personnage. Je me suis sentie épanouie et heureuse, prenant plaisir à interpréter Bernadette à des moments très différents de sa vie, de l’adolescente espiègle à soeur Marie- Bernard, plus posée. J’ai appris énormément sur elle, notamment toute une facette de sa personnalité dont on parle moins. Elle a été une adolescente comme moi, avant d’être sainte. Sa bonne humeur, son côté taquin et sa simplicité nous parlent encore aujourd’hui, aux jeunes comme aux moins jeunes. Par ailleurs, nous partageons un certain nombre de points communs, autres que la ressemblance physique, ne serait-ce que mon problème d’asthme. J’ai même eu, toutes proportions gardées, mal à un de mes genoux durant une scène, comme elle. Quand nous tournions à Nevers, je lui ai rendu visite dans sa chapelle. C’était extraordinaire. J’ai vraiment ressenti à ce moment-là que Bernadette était à mes côtés.