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| L’onction des malades |
Du désir de guérison à l’accueil du Ressuscité
par le Père Régis-Marie de La TEYSSONNIERE
À Lourdes, beaucoup de pèlerinages vivent dans une même célébration l’engagement de service des hospitaliers et le sacrement de l’onction des malades. Mais à Lourdes, lorsque ce sacrement est célébré pour une seule personne, il conserve toujours une dimension ecclésiale. Ce sont, en effet, les hospitaliers et les hospitalières d’aujourd’hui qui viennent déposer le brancard de leur frère souffrant au pied du Christ Sauveur. Un prêtre témoigne.
« Martine, par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint ». Je prononce ces paroles du rituel du sacrement de l’onction des malades, alors que, de mon pouce imbibé d’huile sainte, je trace le signe de la croix sur le front de la frêle jeune femme, puis à l’intérieur de ses mains. Un moment auparavant, j’avais rappelé que cette huile, utilisée pour le sacrement des malades, avait été bénite par l’évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes, quelques jours avant Pâques.
Nous nous sommes ouverts à l’amitié
Autour de Martine, nous sommes une dizaine de personnes, rassemblées devant l’autel du Seigneur : quelques membres de sa famille, mais aussi des hospitaliers et des hospitalières. Broyée par la maladie, Martine est entourée et soutenue dans son extrême faiblesse. Dans une relation d’accueil mutuel, nous avons tissé des liens d’humanité, nous nous sommes ouverts à l’amitié. Et voici qu’à travers notre présence faite de paroles et de silences, de regards et de gestes, d’écoute et d’attention, Martine a découvert quelque chose du visage maternel de l’Église.
Tout avait commencé par ce désir de venir à Lourdes. Un petit groupe s’était alors constitué, pour aider Martine dans sa démarche. Mais voici, qu’après avoir prié à la Grotte, Martine a prononcé ces simples paroles : « Je voudrais recevoir le sacrement des malades ». À ce moment-là, puisque Martine criait sa souffrance en se tournant vers le Christ, les autres personnes ont eu conscience de leur véritable relation au niveau de leur petite communauté de pèlerinage. En effet, même sans pouvoir l’exprimer comme l’a fait saint Paul, les uns ou les autres auraient pu dire : Nous sommes, chacun, membre du Corps du Christ qui est l’Église, et Martine en est, au milieu de nous, le membre souffrant. C’est alors qu’on est venu me chercher. En tant que prêtre et chapelain des Sanctuaires, je les ai rejoints dans leur histoire et me suis mis en route avec eux. Nous avons échangé, partagé, en vérité, dans une relation simple.
Il est la douceur au cœur de la douleur
Et voici qu’en cette heure, au cœur de l’Église que nous formons, le Christ est réellement présent dans le sacrement de son amour pour les malades. Il vient de rejoindre Martine au plus profond de sa souffrance. Là où ça fait le plus mal, Jésus s’offre, se donne, se livre pour elle. Il est la tendresse au cœur de la détresse. Il est la douceur au milieu de la douleur. Et la preuve qu’il est là, c’est que maintenant Martine est un peu comme le Christ crucifié. Elle est entrée dans la Pâque : son être de chair est malade, mais son être spirituel renaît. Elle souffre, mais dans sa souffrance, son Seigneur est présent. Avec Jésus-Christ, elle accomplit le passage, la Pâque. Non pas déjà l’ultime Pâque, celle de la mort qui est entrée dans la Vie, mais bien la Pâque de l’aujourd’hui. Avec le Christ, Martine s’ouvre ainsi à toutes ces petites pâques que son Seigneur veut lui faire vivre avec lui, jour après jour, instant après instant. Martine n’est pas guérie, mais elle a eu part à la vraie guérison, la Résurrection. Désormais, s’il lui sera de plus en plus difficile de vivre de l’énergie de son humanité, elle vivra cependant, en son humanité, toujours davantage de la Vie même de Dieu. Nos visages comme le sien s’éclairent. Nous qui sommes avec elle, ensemble nous rendons grâce.
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Un pèlerin de Lourdes Cancer Espérance recevant le sacrement de l’onction des malades des mains de Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes. |