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Pèlerinage intérieur : libération du coeur Par François Vayne, Directeur du Pôle éditions des Sanctuaires de Lourdes |
Très souvent des pèlerins font parvenir leurs questions à la direction de Lourdes Magazine. La dernière en date, par exemple, concerne la ceinture bleue de la Vierge, mais nous n’avons bien sûr pas réponse à tout... Afin de donner les meilleurs repères – notamment spirituels – à celles et ceux, très nombreux, qui sont curieux de Lourdes, nous avons élaboré, en concertation avec Mgr Jacques Perrier, l’évêque du diocèse, une liste des 50 questions les plus fréquemment posées. Gardien de la Grotte, il a ensuite accepté avec joie de nous livrer les clés de chaque « énigme ».
Au coeur de ces textes, sobres et incisifs, qui renvoient au sens profond des choses, vous devinerez la trace d’une parole vivante, celle du Christ nous invitant à expérimenter la gratuité de l’amour, sous le signe glorieux de la croix. Ce chemin est sans doute ce qu’il y a de plus beau au monde. Il nous est spécialement proposé cette année dans les Sanctuaires de Notre-Dame, à l’école du message de Lourdes. Réponse ultime à toutes les questions que nous portons au plus profond de nous-mêmes : la croix est victoire ! Là est le cadeau essentiel que nous voulons vous faire à travers ce numéro de Lourdes Magazine.
Comme ceux qui observaient les gestes mystérieux de Bernadette à Massabielle, dépassons donc la curiosité et entrons dans la démarche d’un vrai pèlerinage intérieur, pour une libération du coeur.
Bernadette, lors de la neuvième apparition, le 25 février 1858, fit paraître une source claire, audelà des apparences boueuses, après avoir gratté la terre selon ce que la Vierge lui avait demandé. Découvrons nous aussi notre boue, notre péché qui conduit à la mort, et tournons-nous avec persévérance vers le Coeur de Jésus, source de tous les sacrements, pour recevoir l’eau qui purifie et désaltère. L’eau de notre baptême ne stagne-t-elle pas, peut-être, sous des tas de mensonges et de faux-semblants ?
« Pénitence, priez pour les pécheurs », disait la Vierge à Bernadette, désireuse de briser le cercle de la fatalité, et de nous rouvrir l’avenir. Le péché – cette manière de prendre la vie pour soi-même au lieu de la donner – nous place tous, d’une façon ou d’une autre, dans la situation de la femme adultère que Jésus ne condamne pas (Évangile selon saint Jean, chapitre 8). Les scribes et les pharisiens, prétendus purs, pleins de morgue et riches d’eux-mêmes, voulaient la lapider quand le Christ les incita avec autorité à prendre conscience, personnellement, de leur péché. Au cours de cette scène l’évangéliste nous présente Notre-Seigneur écrivant sur le sol, évocation probable des mots du prophète Jérémie (17,13), annonçant que ceux qui ont abandonné la source d’eau vive seront « inscrits dans la terre », autrement dit parmi les morts...
À Lourdes, éprouvons à notre tour la joie du pardon : « Va, et ne pèche plus », nous lance Jésus, l’Ami fidèle, désignant par Marie la source de vie, offerte gratuitement, seule capable de combler notre soif d’amour. C’est l’unique véritable miracle dans notre existence, celui d’une espérance indéracinable, dont aucune force contraire ne peut triompher, car rien n’empêchera l’Esprit-Saint d’accomplir son oeuvre...
François Vayne, Directeur du Pôle éditions des Sanctuaires de Lourdes
francois.vayne@lourdes-france.com